Jean Delville (1867-1953)

Dernière mise à jour : mars 31


Autoportrait à l'âge de 20 ans, 1887




Jean Delville, artiste peintre symboliste belge, né en 1867 à Louvain et décédé en 1953 à Forest (Bruxelles). Il était aussi poète, écrivain et théoricien de l’art. Elève de Jean-François Portaels, il est d’abord peintre réaliste et expose pour la première fois au cercle L’Essor en 1885.


Son œuvre est marquée par l’ésotérisme et un certain idéalisme philosophique et s’inscrit clairement dans la mouvance symboliste. Adepte de la Kabbale, disciple de Joséphin Péladan, il expose aux Salons de la Rose-Croix esthétique à partir de 1892.


À cette date il fonde l'association « Pour l'Art » qui rassemble la plupart des symbolistes belges. En 1896 il organise le premier Salon de l'Art idéaliste conçu comme une vitrine des tendances ésotériques et mystiques. (...) Platonicien convaincu, il manifeste une croyance déterminée dans la fusion du masculin et du féminin à travers l'amour absolu, et conçoit l'Art comme une forme de rédemption religieuse."


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[Citations extraites de : Jean Delville ; La mission de l'art: étude d'esthétique idéaliste (1900)]




"Au fond de chaque individu dort un artiste, un poète, qu'il faut savoir réveiller. Une source de beauté et de sagesse est toujours prête à jaillir des profondeurs l'être. L'homme n'est jamais absolument incomplet. Si ses facultés dormantes l'empêchent souvent d'ouvrir les yeux de son âme aux ravissements artistiques du monde et de l'art, c'est à l'artiste, l'élu en l'âme duquel la beauté est toujours vivante, qu'incombe le doux devoir de les ouvrir et de déployer devant eux des idées pures en des images harmonieuses."




Le Lac au Clair de Lune, 1888





Paysage au clair de lune, 1890




"L'Art n'est ni l'esclave delà réalité, ni l'esclave du « rêve ». L'Art est cette puissance équilibrante qui concilie le rationnel avec le spirituel, l'émotion avec la raison, le physique avec l'hyperphysique."




L'oubli des Passions, 1913





Orphée mort, 1893



"Le signe du grand art, c'est la beauté. Le signe de la beauté, c'est l'harmonie. Le signe de l'harmonie, c'est l'unité."




L'École Du Silence , 1929





Dante buvant les eaux du Lethé, 1919




"L'artiste sans idéal, c'est-à-dire l'artiste qui ne sait pas que toute forme doit être la résultante d'une idée et que toute idée doit avoir sa forme, l'artiste, enfin, qui ne sait pas que la Beauté est la lumineuse conception de l'équilibre dans les formes, celui-là n'aura

aucune influence sur les âmes, parce que ses œuvres, en vérité, seront sans pensée,

c'est-à-dire sans Vie."




L'Ange des splendeurs, 1894





L'homme-dieu (esquisse),1900




"Sans aucunement vouloir me réclamer de l'esthétique tolstoïenne, indigente et inculte sous trop de rapports, il me faut admirer et approuver cette noble parole du vénérable apôtre slave : « l'art n'est pas une jouissance, un plaisir, ni un amusement; l'art est une grande chose. C'est un organe vital de l'humanité, qui transporte dans le domaine du sentiment les conceptions de la raison. »"




Etude, 1897




La Muse, Portrait de Madame Delville, 1893




Tête de femme, 1890




"L'art qui ne pense pas, qui n'épure pas et qui, en un mot, n'élève pas notre âme au dessus des vaines choses de la terre, est un art inutile. Il peut satisfaire l'entendement borné des médiocres, il peut satisfaire aussi la vanité personnelle et vénale de l'artiste sans idéal, qui s'appelle légion, mais cet art là n'entrera jamais dans la destination véritable de l'Art."




Les femmes d'Eleusis, 1931





Méduse, 1893





Mysteriosa, Portrait de Madame Stuart Merrill, 1892




"Le monstre de la guerre peut passer avec son éclaboussement d'horreurs sur le monde épouvanté, sans que la Beauté périsse ! Car elle est indestructible comme les astres, auxquels elle emprunte sa rayonnante harmonie. Toujours, tandis que se déchargent sur les charniers humains les égouts de sang des destins barbares, toujours refleurit, au grand soleil de l'aurore amie, le grand rêve de l'Ordre et de la Beauté renaissante !"




Dessin retrouvé, 1888






L'école de Platon, 1898





L’Extase de Dante, 1932




"Ni l'artiste, ni l'inventeur ne créent pas : ils trouvent, ils retrouvent des lois préexistantes, indépendantes de leur intellectualité, mais qu'ils expliquent ou manifestent selon la valeur réceptive de leur personnalité."




Tristan et Yseult, 1887




Parsifal, 1890




"Il existe quelque part, autour de nous, en dehors de nous et en nous, dans les profondeurs du monde invisible, des sphères où s'élaborent des images éternelles reflétées dans notre intelligibilité et que l'artiste ou le poète dérobent au Mystère par la puissance magique de leur imagination, faculté mystérieuse, faculté divine, qu'il faut savoir accorder avec l'harmonie du Monde."




Allégorie de l'Enfer, 1899




Un Dieu vaincu par l’Amour, 1930




"Il n'y a de vrai que la Beauté. Y tendre, c'est se projeter dans la substance même de ses lois de lumière. Croire en elle, croire à son existence, à sa réalité, c'est se rapprocher de la sagesse du monde."




Les aveugles, 1891





Etude pour Les Kumaras



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